Mathématiques

Le rôle des émotions dans les difficultés en mathématiques

Dans les années 80, des chercheurs québécois se sont interrogés sur les raisons pour lesquelles certains élèves réussissent dans toutes les matières sauf en mathématiques. De nombreuses études ont alors mis en évidence la nécessité de prendre en compte la dimension affective dans l’apprentissage des mathématiques : les processus affectifs peuvent interférer, inhiber ou perturber ou au contraire soutenir le processus d’apprentissage en général.

L’anxiété est l’émotion la plus souvent associée aux difficultés d’apprentissage en mathématiques, mais ce n’est pas la seule. Bien souvent les croyances et les préjugés, nombreux, influencent de manière importante l’implication des enfants et des jeunes.

Pour Louise Lafortune et Pierre Mongeau, qui ont mené de nombreuses recherches dans ce domaine, « les élèves sont (…) amenés à entretenir des croyances à l’égard des mathématiques, de leur apprentissage et des personnes qui les enseignent. Ils adoptent alors des attitudes favorables ou défavorables à l’égard de cette discipline et abordent un problème ou un cours de mathématiques avec un esprit d’ouverture ou de fermeture selon le cas. Cela a une influence sur le concept de soi des élèves, leur confiance de réussir ou leur crainte d’échouer en mathématiques ».

Louise Lafortune relève quatre types de réactions négatives chez des élèves qui manquent de confiance en leurs capacités de réussir en mathématiques:

  • Certains abandonnent rapidement la recherche d’une solution. Convaincus qu’ils ne peuvent pas résoudre un problème, ils diront rapidement «je ne comprends rien» et se mettront tout de suite à la recherche d’une aide extérieure.
  • D’autres apprennent par mémorisation toutes les notions ou les procédures sans pouvoir les expliquer. Ils demeurent incapables de faire des liens entre les différentes notions mathématiques et avec les notions des autres matières.
  • D’autres encore résolvent les exercices machinalement. Ils font toutes les séries d’exercices demandées en fonctionnant comme des robots sans s’interroger sur leur compréhension.
  • Enfin, certains élèves pensent que le fait qu’ils ne réussissent pas en mathématiques signifie qu’ils ne peuvent pas réussir dans d’autres domaines. L’image négative de leur capacité à réussir en mathématiques se répercute dans leur vie quotidienne. On parle de généralisation de l’échec.

À l’opposé, les élèves qui réussissent mieux ont plus confiance en eux et croient exercer un plus grand contrôle sur leur apprentissage.

Ainsi, en agissant sur ces représentations et la confiance en soi des élèves, en déconstruisant les mythes, il est possible de d’améliorer la réussite des élèves.